“Matters of Concern | Matières à panser” : cycle d’expositions à La Verrière

2019
2021
Camille Blatrix
Vues de l'exposition de Camille Blatrix, "Les Barrières de l'antique", 2019, La Verrière © Isabelle Arthuis
Camille Blatrix
Vues de l'exposition de Camille Blatrix, "Les Barrières de l'antique", 2019, La Verrière © Isabelle Arthuis
Camille Blatrix
Vues de l'exposition de Camille Blatrix, "Les Barrières de l'antique", 2019, La Verrière © Isabelle Arthuis
Badalov
Vue de l’exposition de Babi Badalov, « Soul Mobilisation », La Verrière (Bruxelles), 2019 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
Badalov
Vue de l’exposition de Babi Badalov, « Soul Mobilisation », La Verrière (Bruxelles), 2019 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
badalov
Vue de l’exposition de Babi Badalov, « Soul Mobilisation », La Verrière (Bruxelles), 2019 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
Vue de l’exposition de Minia Biabiany, « Musa Nuit », La Verrière (Bruxelles), 2020
Vue de l’exposition de Minia Biabiany, « Musa Nuit », La Verrière (Bruxelles), 2020 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
Vue de l’exposition de Minia Biabiany, « Musa Nuit », La Verrière (Bruxelles), 2020 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
Vue de l’exposition de Minia Biabiany, « Musa Nuit », La Verrière (Bruxelles), 2020 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
Vue de l’exposition de Minia Biabiany, « Musa Nuit », La Verrière (Bruxelles), 2020 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
Vue de l’exposition de Minia Biabiany, « Musa Nuit », La Verrière (Bruxelles), 2020 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
Vue de l’exposition de Barbara Chase-Riboud, « Avatars »
Vue de l’exposition de Barbara Chase-Riboud, « Avatars », La Verrière (Bruxelles), 2020 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
Vue de l’exposition de Barbara Chase-Riboud, « Avatars »
Barbara Chase-Riboud, « Zanzibar Gold », 1972, collection du Centre national des arts plastiques, France, La Verrière (Bruxelles), 2020 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
Vue de l’exposition de Barbara Chase-Riboud, « Avatars »
Vue de l’exposition de Barbara Chase-Riboud, « Avatars », La Verrière (Bruxelles), 2020 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
Gianni Pettena 2021
Vue de l’exposition de Gianni Pettena, « Forgiven by Nature », 2021, La Verrière, Bruxelles © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
Gianni Pettena 2021
Gianni Pettena, « Paper (Midwestern Ocean) », performance-installation, 1971-2021, ISELP, Bruxelles © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
Gianni Pettena 2021
Détail de l’exposition de Gianni Pettena, « Forgiven by Nature », 2021, La Verrière, Bruxelles © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
Gianni Pettena 2021
Gianni Pettena, « Paesaggi della memoria » (détail), 1987, sable, plexiglass, lampe, La Verrière, Bruxelles © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
mountaincutters
Vue de l’exposition de mountaincutters, « Les Indices de la respiration primitive », La Verrière (Bruxelles), 2021 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
mountaincutters
Vue de l’exposition de mountaincutters, « Les Indices de la respiration primitive », La Verrière (Bruxelles), 2021 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
mountaincutters
Vue de l’exposition de mountaincutters, « Les Indices de la respiration primitive », La Verrière (Bruxelles), 2021 © Isabelle Arthuis / Fondation d’entreprise Hermès
Initié en 2019, “Matters of Concern | Matières à panser” est le troisième chapitre de la programmation du commissaire Guillaume Désanges à La Verrière. Après “Des gestes de la pensée” et “Poésie balistique”, ce cycle se développe autour d’une attention particulière portée à la matière. Empruntant son titre au penseur Bruno Latour, il met en lumière des approches différentes, qui investissent la matière de préoccupations spirituelles, sociales, symboliques, thérapeutiques ou magiques. D’exposition en exposition, la prise en compte de nouvelles relations de l’art au vivant, aux objets et aux éléments transparaît. Une exploration ouverte, soucieuse de “panser” la matière, autant que d’en saisir le pouvoir transformateur.

L’exposition inaugurale tisse des liens inédits entre des œuvres et des objets actuels et passés, selon une approche dépassant les catégories et hiérarchies traditionnelles, de l’artisanat à l’art, en incluant des pratiques magiques ou thérapeutiques : du vitrail artisanal célébrant Mamadou, le guérisseur de Roubaix, à la danse cathartique et guérisseuse d’Anna Halprin ; des poupées féministes de Raymonde Arcier à la robe symbolique et organique d’Aline Ribière, en passant par les effigies chamaniques de Harald Thys et Jos de Gruyter, etc. La plupart des créateurs réunis ont en commun de repenser les modes d’usage et de production de la matière selon le régime de l’attention, du soin. À travers leurs pensées et leurs gestes se dessine la possibilité d’un pas de côté, d’un réenchantement du monde.

On pouvait remarquer, dans l’exposition inaugurale du cycle, des maquettes de pièces signées Camille Blatrix : un choix paradoxal pour un plasticien qui revendique de ne pas montrer le labeur ni la trace du geste. Perçait ainsi l’émotion qui parcourt l’exposition personnelle “Les Barrières de l’antique” – dont le titre convoque l’indépassable virtuosité des artisans de naguère – que Guillaume Désanges propose à La Verrière à partir du 5 septembre 2019 dans le cadre du cycle “Matters of Concern | Matières à panser”. Né à Paris en 1984, Camille Blatrix explore son rapport ambigu à l’artisanat dans une installation labyrinthique scandée d’objets, de marqueteries et de dessins, où affleure également la main du père de l’artiste, peintre puis charpentier de marine. Imprégnées de savoir-faire dans une quête de perfection, les œuvres exposées invitent en creux à une émotion inattendue toute en retenue.

À l’épure de Camille Blatrix succède l’exubérance de Babi Badalov. Deuxième exposition personnelle présentée à La Verrière dans le cadre du cycle “Matters of Concern | Matières à panser”, “Soul Mobilisation”  se déploie avec intensité et générosité dans l’espace d’exposition. Sa calligraphie obsessionnelle, qui met en forme son rapport poétique au langage, porte en soi la trajectoire de cet artiste né en Azerbaïdjan en 1959, depuis la Russie jusqu’en France où il obtient en 2011 le statut de réfugié politique. Citoyen du monde, Babi Badalov livre une œuvre universelle par essence, intelligible par tous, dont l’économie de moyens contribue à renforcer la tonalité engagée. Tout en volutes et arabesques, dessinée à même le mur parfois, cette œuvre, dont la prolixité est inversement proportionnelle à la simplicité de ses matériaux, offre aux visiteurs de La Verrière une matière à panser bienvenue pour affronter les tourments de notre monde.

Troisième artiste conviée par Guillaume Désanges, Minia Biabiany s’inscrit dans le cycle « Matters of Concern | Matières à panser » avec l’exposition « Musa Nuit » : une réflexion sur la sexualité des femmes guadeloupéennes et caribéennes d’aujourd’hui et sur la manière dont elle reste marquée de façon inconsciente par l’Histoire. Dans l’espace bruxellois, la plasticienne propose à cette fin un parcours sensuel et métaphorique, dans lequel des objets artisanaux, des sculptures ou encore une fleur de bananier (dite aussi « musa ») participent à la réactivation d’une mémoire refoulée. Née en Guadeloupe (France) en 1988, Minia Biabiany envisage l’exposition comme un rituel, qui lui permet d’aborder la question des identités de manière aussi poétique qu’engagée.  

Les enjeux sociaux et politiques habitent également l’œuvre de Barbara Chase-Riboud qui investit l’espace de La Verrière en septembre 2020 avec l’exposition « Avatars ». L’artiste américaine, qui vit à Paris depuis 1960, présente une sélection de sculptures monumentales, dessins, collages et installations de petit format dont le choix des titres – toujours attribués a posteriori et de manière intuitive – révèle combien le travail de la forme se rattache au final à l’histoire tragique de la diaspora africaine, de la traite esclavagiste transatlantique aux luttes pour les droits civiques aux États-Unis. Ainsi, entre pièces anciennes et nouvelles productions, l’exposition révèle la puissance d’une œuvre reconnue mais néanmoins restée en marge d’un art conceptuel dominant. En raison de l’engagement total, aussi physique que sensible, de Barbara Chase-Riboud dans son travail de la matière, cette quatrième proposition de Guillaume Désanges prolonge sans équivoque le cycle « Matters of Concern | Matières à panser ».

Celui-ci se poursuit, au début de l’année 2021, avec une exposition consacrée à Gianni Pettena, figure majeure de l’Architecture radicale, mouvement qui œuvrait dans les années 60 à l’encontre du caractère normatif dominant de la création dans ce domaine. Architecte, donc, mais aussi artiste, designer, critique, historien de l’architecture, commissaire d’expositions et enseignant, cet Italien né en 1940 est aussi un pionnier dans l’attention qu’il a toujours portée à la nature. À La Verrière, l’exposition “Forgiven by Nature” rend compte de la transversalité d’une pratique résolument libre, hors des carcans, qui privilégie les matériaux humbles et observe la marche du monde avec lucidité. À l’occasion de cette exposition ambitieuse, La Verrière présente une sélection d’œuvres ainsi que de nombreux documents, tandis qu’une installation monumentale issue d’une performance collective est accessible au sein de l’Institut supérieur pour l’étude du langage plastique (ISELP) situé à quelques pas. Cette exposition en deux lieux, placée sous la direction de Guillaume Désanges, permet à un large public de se plonger – littéralement – dans la démarche visionnaire de celui qui se définissait comme un “anarchitecte”, pour mieux réfuter les frontières entre les disciplines.

Pour le septième volet du cycle “Matters of Concern | Matières à panser ”, La Verrière accueille le duo d’artistes français mountaincutters, qui vit et travaille à Bruxelles depuis 2015. Pour leur première exposition dans la capitale belge, les deux plasticiens proposent de nouvelles productions selon un principe scénographique qui prend en compte les spécificités du lieu : hauteur, lumière et géométrie cubique de l’espace. Leurs pièces, dont la nature hybride suscite volontairement le trouble, privilégient les situations transitoires et formes inachevées pour aboutir à des compositions étranges à la beauté sauvage. Toutefois, parmi les matériaux altérés et les fragments organiques, des éléments issus d’un travail manuel raffiné créent une tension inédite, à laquelle contribue également la présence de dessins, films et textes répartis dans l’espace. À travers cette exposition au titre poétique, “Les Indices de la respiration primitive”, le duo mountaincutters invite le public à poser un regard inédit sur la place de l’homme au sein du vivant et de l’inerte.

Lieu
La Verrière
Bruxelles
Belgique
“Matters of Concern | Matières à panser” est le troisième cycle imaginé par Guillaume Désanges à La Verrière.
La plupart des créateurs réunis ont en commun de repenser les modes d’usage et de production de la matière selon le régime de l’attention, du soin.
À travers elles, la possibilité d’un réenchantement du monde se dessine.

Informations

Information

Dates des expositions
  • mountaincutters, "Les Indices de la respiration primitive", du 19/06/2021 au 11/09/2021
  • Gianni Pettena, "Forgiven by Nature", du 15/01/2021 au 13/03/2021
  • Barbara Chase-Riboud, "Avatars", du 25/09/2020 au 05/12/2020
  • Minia Biabiany, "Musa Nuit", du 27/06/2020 au 05/09/2020
  • Babi Badalov, "Soul Mobilisation" du 29/11/2019 au 15/02/2020
  • Camille Blatrix, "Les Barrières de l'antique", du 05/09/2019 au 08/11/2019
  • “Matters of Concern | Matières à panser”, du 27/04/2019 au 06/07/2019 
Informations pratiques

La Verrière
50, boulevard de Waterloo
1000 Bruxelles

Entrée libre
du mardi au samedi
de 12h à 18h

Commissaire

Guillaume Désanges

Découvrez « Ce que Gianni Pettena nous apprend », l’interview du commissaire Guillaume Désanges par Laurent Courtens, chargé du centre de la parole à l’ISELP, au sujet de l’exposition « Forgiven by Nature » de Gianni Pettena.