Les expositions à l’Atelier Hermès en 2019

9 mars
28 juil. 2019
Daphné Le Sergent
Vues de l'exposition "Silver Memories", Daphné Le Sergent, Atelier Hermès, 2019 © Kiyong NAM
Daphné Le Sergent
Portrait de Daphné Le Sergent dans le cadre de son exposition "Silver Memories", Atelier Hermès, 2019 © Kiyong NAM
Daphné Le Sergent
Vue préliminaire de l'exposition "Silver Memories", Daphné Le Sergent, Atelier Hermès, 2019 © Kiyong NAM
Oksun Kim
Oksun Kim, vues de l'exposition "Berlin Portraits", Atelier Hermès, 2019 © Kiyong NAM
Oksun Kim
Oksun Kim, vues de l'exposition "Berlin Portraits", Atelier Hermès, 2019 © Kiyong NAM
Jihyun Jung
Jihyun Jung, vues de l'exposition "Multipurpose Henry", Atelier Hermès, 2019 © Kiyong NAM
Jihyun Jung
Jihyun Jung, vues de l'exposition "Multipurpose Henry", Atelier Hermès, 2019 © Kiyong NAM
En 2019, Kim Yunkyoung, la commissaire d’exposition de l’Atelier Hermès, débute sa programmation par une invitation personnelle à un jeune artiste coréen, Jihyun Jung. Porteuse de la mémoire du flux urbain, son exposition laisse ensuite place aux œuvres portraits d’anciennes nourrices signées Oksun Kim, figure éminente de la photographie coréenne contemporaine. Lui succède Daphné Le Sergent, plasticienne française d’origine coréenne, avec une installation globale dédiée à un matériau fondamental, l’argent.

Jihyun Jung (Corée, 1986) s’inspire de l’environnement d’une ville telle que Séoul. La capitale de la Corée du sud, troisième mégalopole la plus peuplée au monde, offre un décor en mouvement permanent. Attentif aux modes de vie urbains, l’artiste collecte inlassablement les rebus les plus divers, récupère des matériaux pauvres et bruts d’origine variée. Au sein de son vaste atelier, Jihyun Jung les accumule en vue de les retravailler à la main. Modifiant leur éventuelle fonction première, il les assemble pour créer des sculptures et des installations dont la forme n’apparaît jamais définitivement figée. Intitulée “Multipurpose Henry” en référence au sculpteur britannique Henry Moore, son exposition personnelle à l’Atelier Hermès en dévoile un ensemble inédit. Difficilement identifiables, ses œuvres paraissent insaisissables : elles ont le pouvoir de défier celui qui chercherait à les définir précisément.

Après s’être intéressée aux espèces végétales de l’île de Jeju, où elle réside, Oksun Kim (Corée, 1967) renoue avec un genre qui a longtemps dominé sa pratique : le portrait. Héritière de la straight photography américaine, la photographe creuse des thématiques de recherches qui irriguent l’ensemble de son œuvre. Dans la série inédite qu’elle présente à l’Atelier Hermès, Oksun Kim s’est penchée sur un épisode de l’histoire coréenne moderne, lié à une vague d’immigration en Allemagne de l’Ouest dans les années 1960 et 1970. Elle est plus précisément partie à la rencontre de nourrices coréennes qui ont élevé de nombreux petits Allemands. À l’image, les retraitées paraissent souvent figées dans des positions physiques instables. Comme une manière d’inviter le regardeur à interroger sa propre histoire.

L’exposition “Silver memories: how to reach the origin” part d’un postulat : le tarissement progressif des ressources minières va conduire à la disparition d’un métal crucial, l’argent. La production de films argentiques serait donc en sursis et, de facto, la photographie traditionnelle. L’image est donc au cœur de l’installation que Daphné Le Sergent propose à l’Atelier Hermès, doublée d’une réflexion sur la mémoire. Née en Corée en 1975, installée à Paris, l’artiste pétrie d’une double culture invite le public à identifier l’argent au cœur de ses tirages. Cette dissociation entre matière première et œuvre finale fait écho à d’autres histoires circulaires : la découverte originelle du minerai jusqu’à son épuisement redouté, l’exploitation des mines mexicaines par les Européens et leur responsabilité dans la destruction de cultures indigènes… Une installation raffinée qui offre de multiples lectures au public : historique, politique, écologique et, naturellement, artistique.

Lieu
Atelier Hermès
Séoul
Corée du Sud
Attentif aux modes de vie urbains, Jihyun Jung travaille à partir d’objets trouvés dans la rue.
La photographe Oksun Kim est partie à la rencontre d’anciennes nourrices coréennes, qui ont élevé de nombreux petits Allemands.
Daphné Le Sergent invite le public à repérer l’argent au cœur des images et, par extension, au cœur de notre histoire collective.

Informations

Information

Dates des expositions
  • Daphné Le Sergent, "Silver Memories", du 06/09/2019 au 10/11/2019
  • Oksun Kim, "Berlin Portraits" du 31/05/2019 au 28/07/2019 
  • Jihyun Jung, “Multipurpose Henry”, du 09/03/2019 au 05/05/2019
Informations pratiques

Maison Hermès Dosan Park B1F
B1F 7, Dosan-daero 45-gil, Gangnam-gu, Séoul, Corée du Sud
+82-2-3015-3248

Entrée Libre

Journaux des expositions
Commissaire

Kim Yunkyoung