Résidences d'artistes 2013

2013
2014
Gabriele Chiari en résidence à la Holding Textile Hermès © Tadzio
Gabriele Chiari en résidence à la Holding Textile Hermès © Tadzio
Marie-Anne Franqueville en résidence à la cristallerie Saint-Louis
Marie-Anne Franqueville en résidence à la cristallerie Saint-Louis © Tadzio
Anne-Charlotte Yver en résidence à l'atelier John Lobb © Tadzio
Anne-Charlotte Yver en résidence à l'atelier John Lobb © Tadzio
Anne-Charlotte Yver en résidence à l'atelier John Lobb © Tadzio
Anne-Charlotte Yver en résidence à l'atelier John Lobb © Tadzio
Marie-Anne Franqueville en résidence à la cristallerie Saint-Louis © Tadzio
Marie-Anne Franqueville en résidence à la cristallerie Saint-Louis © Tadzio
Vidéo d'Anne Charlotte Yver à l'atelier John Lobb
En 2013, quatre artistes sont accueillis au sein de manufactures de la maison dans le cadre du programme de Résidences d’artistes de la Fondation. Gabriele Chiari découvre les savoir-faire textiles à la Holding Textile Hermès et Marie-Anne Franqueville explore le cristal à la Cristallerie Saint-Louis, quand Marcos Avila Forero et Anne-Charlotte Yver s’approprient respectivement le travail du cuir à la Maroquinerie Nontronnaise et chez John Lobb. À partir de ces matériaux singuliers et en dialogue avec les artisans, chaque artiste a carte blanche.

Cette année 2013 correspond à la fin du premier cycle du programme de Résidences d’artistes, initié en 2010. Les parrains de ce cycle d’une durée de quatre ans sont des artistes reconnus avec lesquels la Fondation entretient une complicité active : il s’agit de Susanna Fritscher, Richard Deacon, Giuseppe Penone et Emmanuel Saulnier.

En résidence au sein de la Holding Textile Hermès, en région lyonnaise, Gabriele Chiari (Autriche, 1978) fait dialoguer son travail pictural avec un matériau inédit, la soie. Accompagnée par les artisans et les conseils de sa marraine Susanna Fritscher, l’artiste a choisi de travailler à partir d’une technique rare : l’impression chaîne sur satin duchesse. Celle-ci consiste à imprimer (peindre, en l’occurrence) sur un premier tissé, qui est ensuite détissé puis retissé. Le protocole de création habituel de l’artiste a dans un premier temps été respecté : sur un large support vierge, la soie remplaçant ici le papier, elle verse la couleur, la laisse se répandre et générer sa propre forme. L’effet final, après retissage, est troublant : la forme peinte en rouge profond est aléatoire, mais elle est intégrée à la structure même du textile.

À la Maroquinerie Nontronnaise, en Dordogne, Marcos Avila Forero (Colombie, 1983) développe un projet autour de l’art des communautés palenques. Issues d’esclaves fugitifs implantés en territoires rebelles sur le continent latino-américain, ces communautés ont survécu et leur culture s’est affirmée à travers leurs tambours. Le jeune artiste parrainé par Giuseppe Penone a demandé aux artisans d’adapter leurs savoir-faire afin de construire un jeu de tambours à l’aide de cuir parchemin. L’histoire des palenqueros a été retranscrite sur le cuir, et les tambours ont ensuite été joués par des musiciens africains, bouclant ainsi une « boucle » de déplacements humains et de croisements culturels.

En résidence à la Cristallerie Saint-Louis, en Moselle, Marie-Anne Franqueville (France, 1980) imagine une œuvre dont la réalisation implique plusieurs ateliers. L’artiste parrainée par Richard Deacon s’inspire d’un service de 1971 (Diane) pour concevoir un « dressage de table tueur ». Chacune des délicates pièces de cristal représente une partie armée du corps de la femme : la pièce centrale est un casque-chevelure transpercé de pics et couvert d’un réseau de filaments rouges, des verres aux bords aiguisés jouxtent deux coupoles (des seins aux tétons pointus) recouvrant une dose d’arsenic… Une installation tout à la fois vénéneuse et fragile, inquiétante et fascinante. 

À l’atelier sur mesure du bottier John Lobb, à Paris, Anne-Charlotte Yver (France, 1987) explore de nouveaux territoires grâce à la découverte du cuir. Marquée par le travail de transformation qui va de l’animal à la peau, l’artiste parrainée par Emmanuel Saulnier place cette dualité au cœur de sa Living Dead Factory. Le cuir est éprouvé : en lanière fixée au mur, forcée en une tension extrême par des barres métalliques ; en sangle suspendue, supportant le poids de structures abstraites en béton. Les éléments composant l’œuvre sont travaillés par un jeu de tensions entre matériaux (cuir, caoutchouc, acier et béton) et sensations (souplesse, pesanteur, contrainte, équilibre).

France
Chaque année depuis 2010, des plasticiens sont invités en résidence au sein de manufactures de la maison Hermès.
En 2013, Gabriele Chiari, Marcos Avila Forero, Marie-Anne Franqueville et Anne-Charlotte Yver sont accueillis en résidence.
En dialogue avec les artisans, les artistes découvrent des savoir-faire d’excellence et explorent les possibilités offertes par des matériaux singuliers.

Informations

Artistes en résidences
  • Marcos Avila Forero Palenqueros à la maroquinerie de Nontron
  • Gabriele Chiari, Chaîne 3.1 et Chaîne 3.2 à la Holding Textile Hermès
  • Marie-Anne Franqueville, Presque innocente à la cristallerie Saint-Louis
  • Anne-Charlotte Yver, Living Dead Factory chez John Lobb
En librairie

Cahiers de résidence #4, coédition Actes Sud / Fondation d’entreprise Hermès.