En 2023, la Fondation d’entreprise Hermès imaginait, avec le Théâtre de la Cité internationale à Paris, La Comédie de Clermont-Ferrand, les SUBS à Lyon et le Théâtre National de Bretagne à Rennes, le festival Transforme. Une aventure collective et artistique destinée à soutenir la création de nouvelles formes scéniques et à accompagner la rencontre des artistes avec les publics dans différents territoires. Pour répondre à ce double objectif, la Fondation et ses partenaires coconstruisent la programmation de chaque édition et imaginent des actions “Pour aller plus loin” qui étoffent l’expérience du public.
Prendre soin les uns des autres
Les treize projets retenus pour l’édition 2026-2027 – dont dix ont bénéficié d’une aide à la production de la Fondation – ont pour fil rouge la question du soin, certains nous invitant plus particulièrement à prendre soin les uns des autres, surtout lorsque nous sommes confrontés à la mort. Tiphaine Raffier va au bout de cette idée dans L’hors-présence ou Chimères du pays de Morsan en questionnant le droit à mourir dans la dignité et la façon dont on se prépare à sa propre mort lorsqu’elle est annoncée et inéluctable. Dans une autre perspective, Aurélia Lüscher interroge non sans humour la manière dont nous prenons soin de nos défunts dans Les Corps incorruptibles, et poursuit cette réflexion avec Au Grand Passage (les mort·es se logent partout), qui s’attache à ce qui nous relie à nos proches disparus. La philosophie vaudoue peut apparaître comme une piste pour s’accorder avec l’au-delà et à ce qui nous dépasse, à l’image du travail mené par Smaïl Kanouté dans SÔ AVA.
Prendre soin de nos manières d’être au monde
Vivre ensemble, faire société nous permet de trouver notre place dans le monde que nous partageons. Cela peut passer par une immersion musicale et sensorielle à vivre collectivement, comme le proposent Mathilde Monnier et Lucie Antunes dans la pièce Silence. L’expérience se révèle métaphysique chez Diederik Peeters qui questionne, dans Confabulations, notre rapport à la santé mentale, entre réalité et imaginaire, tandis que les personnages de Clédat & Petitpierre cultivent L’art de vivre dans un paysage onirique inspiré par l’univers de René Magritte. Dans Le Bruit des pierres, les protagonistes de la chorégraphie suspensive et poétique imaginée par Domitille Martin, Nina Harper et Ricardo Cabral s’accordent avec les éléments jusqu’à faire corps avec le minéral. Enfin, être au monde, rester debout et être reliés les uns aux autres sont au cœur des ambitions du collectif Les Idoles dans STRIP.
Prendre soin de ce qui nous lie
Alors que la parole constitue un lien majeur entre les êtres, deux projets explorent ce qu’il advient lorsqu’elle est mise à mal, dans la mise en scène de La Maison de Bernarda Alba de Federico García Lorca par Thibaud Croisy ou dans la fable dystopique de Marion Siéfert et Matthieu Bareyre, Bunker. A contrario, les mots, le texte deviennent le moteur de la pièce La même chose mais pas tout à fait pareille d’Anne-Sophie Turion qui engage le public à partager un peu plus qu’un simple spectacle. Il en va de même pour la performance chorégraphique de Calixto Neto qui s’achève par la dégustation d’une feijoada, plat emblématique du Brésil qui donne son titre à cette pièce généreuse et hospitalière.
“Pour aller plus loin”
Au-delà des spectacles, le festival Transforme se prolonge dans le cadre d’actions “Pour aller plus loin” qui permettent d’enrichir l’expérience du festival, de favoriser la rencontre du public avec les artistes et l’appréhension de leurs œuvres grâce à différents formats pensés sur mesure. Ces actions répondent à trois objectifs : élargir le contexte d’intervention des artistes sur les territoires, inviter les jeunes générations à se retrouver lors de temps forts festifs ou engagés et proposer des dispositifs d’accessibilité afin de promouvoir une création réellement inclusive.