Formé à l’École cantonale d’art de Lausanne et titulaire d’un master en photographie, Leo Fabrizio pose un regard d’ethnologue sur ses sujets. Réalisées à la chambre et en couleur, ses images questionnent nos comportements contemporains par leur qualité formelle et leur singularité.
Mettalica, qui dresse une carte topographique dessinée par découpe de pièces métalliques, est le premier jalon de sa réflexion sur le paysage construit. Avec la série Bunkers, il s’attache à photographier une série de bâtiments militaires intégrés au paysage suisse. Architectures camouflées, ces sites protègent des passages définis comme stratégiques pour la protection du territoire helvétique. Leur représentation témoigne d’une réalité politique, tout en proposant un regard universel emprunté à l’archétype de la carte postale.
Prises en Asie, les photographies de Dreamworld témoignent des incohérences d’une société lorsqu’un modèle importé supplante une culture vernaculaire et, avec elle, son identité et sa complexité. Dans la banlieue de Bangkok, des zones pavillonnaires répondent au mythe collectif de la maison individuelle, des habitats vétustes s’adossent à de grands panneaux publicitaires. La série dresse un portrait de ville composite.
Pour Paul Cottin, commissaire de l’exposition à TH 13, « ce travail, au-delà des questions esthétiques, contribue à s’interroger sur la préservation des sociétés humaines et du monde naturel dans lequel elles évoluent. »