Quelle est la place de l’animal dans les arts décoratifs depuis leurs origines ? Comment son image, formelle et symbolique, a-t-elle évolué au cours des siècles ? Cette exposition qui réunit, sur douze salles, quatre cent cinquante objets des collections du musée apporte autant de réponses à la relation complexe qui unit l’homme à la bête. Sous la houlette des artisans, le serpent se transforme en anse, les pattes de biche en pieds de table, les poissons en plats, le cheval en lampe.
Certaines femmes, de leur côté, se parent de peaux de panthère pour s’approprier leurs qualités supposées – beauté, agressivité, mystère.
Du bestiaire fantastique aux messages publicitaires en passant par les caricatures ou les vêtements, félins, vaches ou hydres sont partout. Tour à tour honnis ou vénérés, réels ou fantastiques, ils reflètent notre animalité, nos fantasmes et nos peurs tandis que les traits de personnalité attribués par Aristote à chaque espèce imprègnent l’imaginaire collectif. Les uns sont « doux, indolents et non rétifs, comme le bœuf, les autres libres, courageux et nobles, comme le lion ». Dans la lignée de Jean de La Fontaine, ils deviennent un miroir de l’homme révélant ses traits de caractère. En incarnant nos parts d’ombre ou de lumière, ils se déclinent sous toutes les formes.
Pour la Fondation d’entreprise Hermès, le soutien à cette exposition qui valorise création et savoir-faire d’exception était une évidence.