S’il se revendique classique, Christian Bonnefoi obéit pourtant à un protocole radical qui associe aux éléments de son travail (surface, plan, cadre, châssis, geste couleur, dessin) la virtualité du regard et la compréhension du spectateur. Ses peintures sont la plupart du temps constituées de multiples couches, parfois de l’épaisseur d’un cheveu. « J’évolue par déplacements, explique l’artiste né en 1948, non par hiérarchie ».
Au fur et à mesure qu’il progresse vers la surface, « la peau », il ignore les pleins ou, au contraire, il creuse sa toile. « Le peintre s’interdit de voir ce qu’il fait au moment où il le fait, explique l’historien de l’art Yve-Alain Bois. Il y aura tels tracés, c’est tout ce qu’il sait ; et il aura le privilège d’être son premier spectateur. »
À Bruxelles, la Fondation d’entreprise Hermès produit une exposition pour laquelle Christian Bonnefoi a imaginé des collages colorés et des toiles peintes. Son travail n’aboutit pas à un système formellement clos. Il se nourrit, comme le précise le peintre lui-même, d’ « oppositions, de contradictions, de dédoublements, de subdivisions, de passages, d’articulations ». D’où le titre de l'exposition présentée à La Verrière : Antithèse.